22 millions de curieux poussent la porte des ateliers en France. Et ce n’est que le début.

Publié le 20 Mar 2026

Écrit par Les 2 Sacs

artisan luthier au travail dans son atelier

22 millions. C’est le nombre de personnes qui, en 2024, ont poussé la porte d’une entreprise en France pour découvrir un savoir-faire. Boulangeries, ateliers de céramique, brasseries, manufactures textiles, distilleries : de la Picardie à la Guadeloupe, des hommes et des femmes ouvrent leur lieu de travail au public. Et le public répond présent. En cinq ans, la fréquentation a bondi de 30 %, selon l’Observatoire 2025 de la visite d’entreprise.

Ce mouvement porte un nom : le tourisme de savoir-faire. Et il ne ressemble à rien de ce qu’on associe habituellement au mot « tourisme ».

Un phénomène qui traverse tout le territoire

Pas de file d’attente devant un monument. Pas de guide qui récite un texte appris. Le tourisme de savoir-faire, c’est une rencontre directe avec quelqu’un qui fabrique. On entre dans un atelier en activité, on observe les gestes, on pose des questions, on touche les matières. Parfois on met les mains dedans.

Aujourd’hui, 4 000 entreprises en France accueillent régulièrement des visiteurs. 94 % d’entre elles sont des TPE ou des PME. Un quart ont plus de cent ans. La filière couvre tous les secteurs : agroalimentaire (37 %), vins et spiritueux (35 %), artisanat d’art, industrie, énergie.

Et ça bouge partout. En Nouvelle-Aquitaine, les distilleries et les fermes ouvrent leurs portes. En Auvergne-Rhône-Alpes, la coutellerie de Thiers et les soieries lyonnaises attirent des milliers de visiteurs. En Bretagne, les conserveries et les chantiers navals se réinventent en lieux d’accueil. Dans les Outre-mer, les distilleries guadeloupéennes, les vanilleraies réunionnaises et les ateliers de madras racontent des savoir-faire que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

L’État y croit : le plan Destination France a débloqué un Fonds Tourisme de savoir-faire de 5 millions d’euros, abondé par les régions, avec l’objectif de doubler le nombre d’entreprises ouvertes au public. Dix régions sont partenaires, des Hauts-de-France à la Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Des exemples qui donnent envie

La Clouterie Rivierre à Creil, dans l’Oise : dernière clouterie de France, coup de cœur du Guide du Routard 2025. La Maison Gant Maille à Margny-lès-Compiègne, fondée en 1865, qui vient d’ouvrir ses portes au grand public. Les céramistes de l’Oise, 19 artisans réunis de Gerberoy à Ponchon. Mais aussi la Chocolaterie de Beussent dans le Pas-de-Calais, les Fonderies de Sougland dans l’Aisne, ou encore les potiers de Vallauris dans le sud.

Le point commun de ces entreprises ? Elles ont franchi le pas. Elles ont ouvert leurs portes, raconté leur histoire, et le public a suivi.

Ce qui manque ? Pas les visiteurs. Un accompagnement.

Alors pourquoi des milliers d’artisans restent-ils portes fermées ?

Pas par manque d’envie. Plutôt par manque de temps, de méthode et de visibilité. Un boulanger, un céramiste, un menuisier, un vanillier sait fabriquer. Mais concevoir une offre de visite, fixer un tarif, accueillir un groupe, se rendre visible en ligne : ce sont d’autres compétences. Et le quotidien de l’atelier laisse peu de place pour les acquérir.

C’est exactement le constat qui a fait naître Les 2 Sacs. Nous accompagnons les artisans et petits producteurs engagés à transformer leur savoir-faire en expérience que l’on peut vivre, réserver et partager. De l’histoire de l’artisan jusqu’à la mise en ligne de son offre, tout est pris en charge. L’artisan se concentre sur ce qu’il sait faire : accueillir les gens et transmettre sa passion.

Nous démarrons dans l’Oise, avec un premier accompagnement en cours. L’ambition est de couvrir l’ensemble du territoire français, métropole et Outre-mer.

Vous connaissez un artisan qui aurait le potentiel ?

C’est là que vous entrez en jeu. On construit ce projet avec notre communauté depuis le premier jour, et cette étape ne fait pas exception.

Si vous connaissez un artisan, un producteur, un créateur en France — que ce soit dans l’Oise, en Normandie, en Occitanie, en Guadeloupe ou à La Réunion — qui aurait envie d’ouvrir ses portes au public, dites-le-nous. On a créé une participation dédiée pour recueillir vos propositions :

Aidez celles et ceux qui font battre le cœur de nos villages !

Chaque nom que vous partagez, c’est peut-être une rencontre qui n’existait pas encore. Et c’est comme ça que les choses avancent : ensemble.

Sources : Observatoire 2025 de la visite d’entreprise, Entreprise et Découverte · Direction Générale des Entreprises · Oise Tourisme Pro · Région Hauts-de-France

Crédits : Photo de Andrea Piacquadio